Le 21 Janvier, les amis se sont retrouvés pour la 1ère animation de l'année 2018. Un première animation bien riche qui a intéressé un grand nombre de membres de l'association.

Dans une première partie, Blandine Barreda, Chargée d'Etude Botaniste, est venue nous faire découvrir sont métier et nous apprendre quelques petites choses bien intéressante sur la végétation qui nous entoure, puis, c'est son père, Frédéric Barreda, Responsable secteur oiseau à la Réserve Africaine, qui a pris le relais pour nous raconter l'expérience unique qu'il a vécu en Andalousie lors de la mise en liberté d'un groupe d'Ibis chauves, élevés entre autre à la Réserve Africaine de Sigean. 

La botanique est la science qui étudie les plantes et les végétations (groupement de plusieurs plantes). Elle se pratique tout au long de l'année même si le printemps est une période plus propice à l'observation des espèces qui sont, à ce moment là, en fleurs. L'hiver est en revanche, la période la plus contraignante pour les espèces qui, majoritairement vont la passer sous forme de graines ou en phase de vie ralentie. La sortie a donc été centrée sur les espèces visibles actuellement c'est à dire, les arbres.


Le commentaire a été largement axé sur l'analyse de trois espèces :

  • le Frêne à feuilles étroites Fraxinus angustifolia,
  • l'Olivier de Bohème Elaeagnus angustifolia
  • le Pin parasol = Pin pignon Pinus pinea.

Afin de se rendre compte des différentes écorces, il a été proposé aux participant de réaliser un calque de ces dernières à l'aide d'une feuille blanche et d'une craie grasse.

  

Sur le Frêne, nous avons pu observer l'écorce craquelée, les restes de fruits (appelés samares et composé d'une partie renflée qui contient la graine surmontée d'une partie fine appelée l'aile qui permet la dispersion de la graine par le vent) et les arrêts de croissance.

Sur le Pin, nous avons observé l'écorce qui se desquame en couches successives (comme un empilement d’assiettes). Nous avons aussi observé les pignes (=fruit du pin) qui contenaient les pignons (=graine nu du Pin), les jeunes pignes contiennent les organes femelle et sont situées à la base des ramification de l'année alors que les organes mâles sont contenus dans des structures plus fragiles à l'extrémité des ramifications de l'année et libèrent le pollen (poudre jaune disséminée par le vent). Le Pin appartient au groupe des Gymnospermes, plantes dont la graine est nue contrairement aux espèces comme le Pommier où la graine (pépin) est enfermée et protégée par un fruit (la pomme).

L'Olivier de Bohème présente quant à lui, une écorce fibreuse. Il s'agit d'une espèce exotique envahissante originaire d'Asie et du sud-est de l'Europe. Il a été introduit pour l'ornement et pour créer des brises vent notamment en contexte littoral sur les dunes où il colonise fortement et prend la place des espèces locales.

  


Pour conclure cette sortie, nous avons pu observer l'intérieur d'un tronc de Pin grâce à un tronçon mis à disposition. La couche d'écorces était très visible en périphérie (marron foncée) puis au centre, l'aubier en marron plus clair. La couche en limite de ces deux formations est la seule qui conduise la sève et qui permet la croissance de l'arbre. Les stries de croissances sont irrégulières et dépendent majoritairement des conditions climatiques (croissance importante = larges stries, croissance perturbée par la sécheresse = stries réduites). Nous avons aussi vu que ce tronc, bien que circulaire à l'extérieur, avait subi quelques contraintes (vent, présence d'individus à proximité, etc.) qui ont entraîné des boursouflures et ont orienté la croissance dans un sens plutôt que dans tous les sens.

 

Après un cours de botanique dès plus intéressant où chacun d'entre nous a pu mettre à jour ses connaissances sur ces 3 variétés d'arbres, nous nous sommes tous retrouvés dans la salle de réunion où nous attendait Frédéric Barreda. En tant que Responsable du secteur oiseaux du parc, Frédéric est venu nous présenté le dernier projet phare de la Réserve pour la préservation des Ibis chauves.

L'Ibis chauve (Geronticus eremita) est cet échassier au physique pas vraiment avantageux (il faut le reconnaître) avec sa calvitie précoce et son plumage sombre aux reflets irisés. A l'état sauvage, il ne reste plus que 116 couples ce qui fait de lui l'une des espèces d'oiseau les plus rare. C'est la raison pour laquelle l'Espagne et les parcs animaliers européens se mobilisent pour sauver cette espèce de l'extinction.

La Réserve Africaine a récemment contribué à ce projet puisque 15 Ibis chauves élevés à Sigean sur les trois dernières années on été emmenés en Andalousie le 14 octobre 2017 pour y être relâchés. Frédéric est venu nous faire partager l'expérience unique qu'il a vécu, en compagnie d'Antoine Joris, vétérinaire et Responsable zoologique de la Réserve Africaine, lors de ce voyage vers "la liberté".

En voie d'extinction à l'état sauvage, cette espèce se porte plutôt bien en captivité puisqu'on estime à plus de 1200 oiseaux la population des Ibis chauves dans les volières des différents parcs animaliers européens. Il était donc naturel que des actions de réintroduction voient le jour. C'est dans ce contexte qu'est né le "Proyecto Eremita"!

  

Le zoo de Jerez de la Frontera, avec l'appui du gouvernement espagnol et d'un comité européen d'experts, a développé un programme de réintroduction de l'Ibis chauve dans le comté de la Janda, dans l'extrême sud de l'Espagne. Il y avait disparu depuis plus de 400 ans! Les sites retenus pour le projet répondent aux besoins physiologiques de cet oiseau et sont semblables aux biotopes retrouvés sur le littoral atlantique marocain, où vivaient les derniers Ibis chauves sauvages.

Bien que ces sites soient relativement préservés des menaces et des risques habituels que rencontrent l'espèce, en particulier, le braconnage, les oiseaux relâchés restent malgré tout sous la surveillance constante d'une équipe espagnole. De très nombreuses actions de sensibilisation auprès des populations locales ont été menées avant de procéder au lâchers d'oiseaux nés en captivité et le projet a été adopté avec enthousiasme par les andalous.

Aujourd'hui, l'Andalousie héberge une centaine d'Ibis chauves, la plupart issus de réintroduction mais déjà, certains sont nés en milieu naturel! Les lâchers d'Ibis nés en captivité ont lieu en janvier, après quelques mois passés en volière d'acclimatation. Ils prendront fin en Andalousie dès que les effectifs de l'espèce y seront stables ou en augmentation. 

  

chargement des Ibis chauves pour le voyage

Antoine et Frédéric ont accompagné les 15 Ibis chauves sigeanais au parc de Jerez de la Frontera où ils ont été installés dans la volière d'acclimatation.

  

Installation des Ibis dans la volière d'acclimatation

Antoine et Frédéric ont pu échanger avec les équipes andalouses, visiter les installations et voir le site où les oiseaux sont relâchés. En janvier, nos 15 Ibis ont pris leur envol et ont pu découvrir la liberté. Un moment fort en émotions pour les équipes, une satisfaction et une fierté pour tous ceux qui contribuent à la réussite de se projet. Et comme nous l'a souligné Frédéric, une expérience qui donne une autre ampleur au métier de soigneur animalier.

Lâcher des Ibis en janvier